3 mai 2004
Pas d'économie sans consommateurs

Le Conseil d'Administration de l'Association Force Ouvrière Consommateurs (AFOC) réuni le 3 mai 2004 à Paris, réaffirme les préoccupations des consommateurs dont une grande partie voit sa situation économique dégradée.

Une progression problématique des prix

L'AFOC constate la dégradation du niveau de vie d'une partie de la population, en particulier des foyers économiques les plus fragiles. Elle est la conséquence d'une conception libérale de l'économie tant au plan national qu'aux niveaux européen et mondial.

Le débat qui oppose la grande distribution aux pouvoirs publics sur l'évolution des prix n'a en réalité pour seul objectif que de revoir le partage des marges commerciales d'où le consommateur est exclu. Il n'en demeure pas moins que les ménages, en particulier ceux dont les ressources couvrent difficilement les dépenses incompressibles pour vivre, subissent directement l'inflation des prix des loyers et des produits de première nécessité, qui connaissent de fortes hausses.

Pour une politique ambitieuse du logement social

L'AFOC a affirmé son opposition au projet « habitat pour tous » qui prévoit la vente massive de logements HLM. Une telle orientation constitue un marché de dupes pour la majorité des locataires qui auront cédé au rêve de l'accession à la propriété, alors que leur budget ne leur permettra pas de faire face au coût engendré par un tel achat et aux charges induites ultérieurement, quelles que soient les éventuelles dispositions incitatives, séduisantes en apparence. Alors que le parc locatif social recule face au secteur libre, du fait d'un désengagement de l'Etat depuis plusieurs années, le Président de la République vient de déclarer qu'il est favorable à une implication volontariste des pouvoirs publics. L'AFOC réclame une politique ambitieuse de construction et de réhabilitation du logement social, avec les moyens adéquats de l'Etat, en l'accompagnant notamment de projets touchant des quartiers aujourd'hui laissés à l'abandon, pour en faire des exemples d'insertion économique et sociale harmonieuse.

Une telle politique ne peut se concevoir d'ailleurs sans l'implantation ou le retour de services publics qui ont disparu sous prétexte de rentabilité au détriment du tissu social.

Le conseil d'administration affirme la nécessité du maintien des services de proximité et organismes indispensables à la défense des intérêts des consommateurs (comme ceux de l'énergie, des transports, de la poste, etc…).

Maîtriser les frais bancaires

Le conseil d'administration s'élève contre les nouvelles pratiques instaurées par les banques qui compliquent la vie des clients comme par exemple les restrictions mises pour retirer son argent au guichet.

La situation des ménages les plus exposés aux difficultés économiques est en outre fragilisée par le comportement de la profession bancaire. L'AFOC a, à maintes reprises, dénoncé l'alourdissement du coût des services bancaires aux particuliers. S'appuyant sur les règles de concurrence prônées par Bruxelles les banques en profitent pour tarifer de plus en plus de services même ceux qui étaient gratuits. Au terme de sa première année de fonctionnement, le médiateur de la Fédération des Banques s'inquiète de la multiplication de tels frais sur des comptes en difficulté et suggère de trouver des solutions pour les limiter. L'effort demandé à la profession bancaire ne doit pas être insurmontable alors que les banques affichent des bénéfices insolents générés selon les spécialistes par les comptes des particuliers.

La question ayant été relancée de la mise en place d'un fichier dit positif, qui permettrait à chaque organisme bancaire ou de crédit de connaître dans le détail la situation d'endettement d'un demandeur de prêt, l'AFOC tient à rappeler qu'elle s'est toujours élevée contre des dispositifs de cette nature dangereux pour la liberté de chacun, comme l'a parfaitement analysé la Commission « informatique et libertés » (CNIL). Un tel dispositif aurait de plus pour conséquence de classer les emprunteurs en deux catégories selon leurs ressources avec les conséquences sur l'accès au crédit et au taux de remboursement.

En ce qui concerne les OGM le principe de précaution doit continuer à s'appliquer Alors que l'Asie du Sud-Est vient de connaître une sérieuse alerte sanitaire concernant les volailles produites en élevages intensifs, l'AFOC rappelle que la sécurité sanitaire et alimentaire doit demeurer une exigence prioritaire des autorités, tant pour la production intérieure que pour les importations.

C'est à ce titre qu'elle demande que le principe de précaution continue à s'appliquer en ce qui concerne la production et la commercialisation des produits tant qu'une majorité de scientifiques ne se sera pas déterminée dans un sens ou dans l'autre sur les risques que de tels produits sont susceptibles d'entraîner.



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