18 mars 2008
Editorial du numéro 179 des Cahiers de l'afoc - Mars/Avril 2008

Les hausses des prix sont-elles inévitables ?

Après les fortes augmentations de prix que nous avons connues ces dernières années pour se loger, pour se chauffer et se déplacer, des hausses de prix considérables ont été constatées dans le secteur de l'alimentation. Ainsi, une récente étude de l'Institut National de la Consommation (*) vient-elle de mettre en lumière des augmentations de produits alimentaires pouvant aller jusqu'à 48% en l'espace de trois mois.

Face à une telle situation, que faire ? Les pouvoirs publics ont immédiatement diligenté une enquête pour vérifier les marges pratiquées et le respect des règles entre distributeurs et fournisseurs sur vingt produits alimentaires phares (lait, yaourts, biscuits, etc.). En outre, il est envisagé de réformer encore les règles régissant les relations commerciales, en autorisant la négociation des tarifs entre distributeurs et fournisseurs par exemple ou en supprimant les Commissions Départementales d'Equipement Commercial (« CDEC »). Quels seront les effets sur les prix, mais, disons-le aussi, sur la qualité de vie des consommateurs ?

On ne peut qu'être dubitatif concernant l'évolution des prix : si les prix sont négociables, les petits commerces de proximité n'obtiendront certainement pas les mêmes rabais que les gros distributeurs, et ils n'auront guère les moyens de lutter si l'implantation commerciale n'est plus encadrée. A terme, ils risquent fort de disparaître définitivement du paysage.

S'il ne reste que quelques grands distributeurs, l'administration aura-t-elle alors les moyens de faire respecter la loi de la concurrence, qui interdit les ententes sur les prix ? Il y a fort à parier que les prix augmenteront à nouveau fortement. En outre, on assistera à une uniformisation encore plus forte qu'aujourd'hui des magasins, ce qui appauvrira la diversité de l'offre.

Réformer les relations commerciales, pourquoi pas ? Mais attention à ne pas lâcher la proie pour l'ombre et à bien prendre en compte toutes les répercussions possibles avant de décider, d'autant que d'autres pistes méritent d'être creusées, telle que la transparence sur la formation des prix ou une politique fiscale incitative par exemple.

(*) cf. « 60 Millions de Consommateurs », numéro du mois de mars 2008



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