5 juillet 2010
Quand le gouvernement libère le gaz, il flambe

La précédente auglmentation, 9,7%, en avril dernier, avait été considérée comme un « coup de massue »... Sonnés, les consommateurs se voient frappés une nouvelle fois par une hausse des tarifs du gaz, comprise entre 2 et 4,7%. GDF a mis en avant une baisse, l'an dernier, de 11%. Omettant de préciser qu'elle était moindre que dans nombre d'autres pays et de plus concédée avec retard par rapport à celle des cours mondiaux du pétrole brut sur lesquels la tarification est en partie calculée. En outre, elle intervenait après une hausse de près de 48% en quatre ans, le prix du gaz ayant augmenté à sept reprises depuis 2004, engendrant des bénéfices records, dont 2,5 milliards d'euros en 2007.

La plupart des vaches à lait devront néanmoins suivre, n'ayant guère les moyens de risquer de sortir des tarifs réglementés ou même de jeter leurs chaudières à gaz aux orties. Ceux qui peuvent, en revanche, se frotter les mains, ce sont les actionnaires, dont GDF-Suez, puisque le groupe avait racheté un bon paquet de ses propres actions début mai dernier, profitant d'un cours plutôt faiblard. C'est aux clients que la « libéralisation du marché de l'énergie » était censée être profitable.

La disparition du service public va d'ailleurs se faire de plus en plus sentir. Pour 2010, l'augmentation des coupures pour impayé devrait être trente fois supérieure à 2008, selon une prévision réalisée par le distributeur de GDF Suez, GrDF (Gaz Réseau Distribution France, 9 000 communes raccordées et 77% de la population française couverte). Selon la Fédération FO de l'Énergie et des Mines (FNEM), le bât va blesser d'autant plus que « la loi du business et rien que du business » va amener « l'entreprise à supprimer toute souplesse et toute écoute pour prendre en compte les difficultés de plus en plus grandes que rencontrent les consommateurs pour payer leur facture d'énergie ». Ainsi, « comble de l'ironie, GrDF, filiale et bras séculier de GDF Suez, indique déjà son intention d'augmenter ses tarifs d'intervention pour couper le gaz, invoquant l'augmentation de cette activité... ».

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