3 septembre 2010
Cantines scolaires : le privé engraisse

Plus de la moitié des enfants et adolescents scolarisés, de la maternelle au lycée, soit plus de six millions d'élèves, mangent aujourd'hui dans des cantines ne répondant pas toutes, loin s'en faut, à un minimum de critères diététiques. Et cela alors que l'obésité infantile progresse dangereusement en France, suivant, comme dans d'autres domaines, l'exemple nord-américain. « Si, en 1965, 3 % seulement des jeunes en âge scolaire étaient obèses, ils sont 25 % aujourd'hui », constatait en 2007 une proposition de loi.

La même année, l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) avait démontré combien les recommandations édictées depuis 1995 étaient peu appliquées. Une cantine sur deux ne les connaissait même pas et dans 77% des cas la variable numéro un était le prix, pas la diététique. Compétentes en la matière, les communes ont longtemps délégué au privé à tour de bras. Même si la tendance est de revenir à la régie directe, 85% de ce très juteux marché revient à des grands groupes, plus soucieux d'imposer leurs propres règles que de suivre les recommandations, tels que Compass, Elior, Sodexo et Avenance (30 millions d'euros annuels à Marseille pour ces deux derniers).

Résultat : une obligation a dû être instaurée cet été dans le cadre de la loi de modernisation de l'agriculture. Il ne devra plus, par exemple, être proposé d'aliments frits ou préfrits, de charcuterie en entrée ou de desserts industriels trop sucrés plus de quatre fois en vingt jours. Sur vingt repas, du vrai poisson, c'est-à-dire non reconstitué, devra être servi quatre fois, des légumes cuits, des crudités et des fruits dix fois et du fromage, du vrai avec du calcium au lieu d'une pâte à tartiner, huit fois. Les géants du privé jurent leurs grands dieux que cela ne changera rien, mais une enquête récente a révélé que « quand la cantine est gérée par le privé, la diététicienne fait d'abord des choix budgétaires plutôt qu'alimentaires ».

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