18 avril 2011
Véhicules polluants : les défavorisés hors les villes

La récente décision gouvernementale d'autoriser certaines villes à interdire leur centre aux véhicules polluants va toucher, une fois de plus, les plus défavorisés en ciblant les véhicules les plus anciens et tout spécialement ceux fabriqués avant 1997, soit quelque huit millions de véhicules.

Outre le fait que le mécontentement va se reporter sur les municipalités et les écologistes, cette grande inspiration d'air pur gouvernementale possède plusieurs autres avantages : redorer une couche verte sérieusement écaillée après le dégonflement de la baudruche Grenelle et, sous le couvert d'une apparente juste cause, rejeter un peu plus à l'extérieur des centres-villes la piétaille désargentée pour laquelle on devrait, entre autres, construire des logements sociaux. De plus, elle sert l'industrie automobile en forçant les ventes juste à la fin de la budgétivore prime à la casse, et arrive opportunément pour contribuer au lancement des voitures électriques de Bolloré et consorts...

Bien sûr, les industriels, principaux émetteurs, avec les chauffages urbains, des particules fines, les plus dangereuses, sans compter le dioxyde de soufre, ne sont pas concernés, ou le seront symboliquement, ce qui n'est pas impossible en ces périodes électorales où l'on a pu voir des comportements extraordinaires et quasi contre nature (garder le pouvoir politique est à ce prix), comme entendre un ministre de l'Économie évoquer, vaguement certes, des hausses de salaire et un ministre de l'Industrie envisager des taxes sur les revenus pétroliers. À l'étranger, des expériences similaires aux zones d'actions prioritaires pour l'air (ZAPA) ont démontré que de telles mesures n'avaient pas entraîné une véritable « disparition de la pollution », a concédé Joëlle Colosio, chef du service de la qualité de l'air à l'Agence pour l'environnement et la maîtrise de l'énergie (Ademe). Et c'est même un élu de la majorité actuellement au pouvoir qui a été un des premiers à dénoncer le fait que l'on « demande encore une fois [aux Français] de mettre la main au porte-monnaie pour acheter des véhicules plus récents. Et, comme toujours, ce sont les plus modestes qui vont payer la note ».

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