28 octobre 2005
« l'enfer est pavé de bonnes intentions »

A la lecture du projet de loi « portant engagement national pour le logement » l'AFOC livre ses premières réactions :

En premier lieu, les dispositions dites de « mobilisation de la ressource foncière » répondent à une revendication constante de notre part. Incitant l'Etat, lui-même, à vendre les terrains dont il dispose, elles peuvent être considérées comme positives sous réserve qu'elles soient appliquées !

De même, le renforcement des plans locaux d'urbanisme favorisant le logement social, obéit à une bonne intention. Faut-il pourtant rappeler que la loi SRU, obligeant les communes à respecter un quota minimum de 20% de logements sociaux, est allégrement bafouée depuis sa promulgation, il y a cinq ans ?

Dans le même ordre d'idée, on peut douter que le taux réduit de TVA (5,5 %), envisagé pour les promoteurs engageant un programme d'accession à la propriété dans les banlieues défavorisées, sera suffisamment incitatif.

Par ailleurs, l'élévation du surloyer dans l'habitat social, destinée à faciliter la mobilité risque de manquer deux fois son but. Il est, en effet, susceptible d'enfermer les plus démunis des locataires dans un ghetto et de pousser dans la précarité les populations considérées comme trop riches pour occuper un HLM et trop pauvres, en fait, pour accéder à un logement plus cher.

D'autre part à quoi bon un nouvel indice d'évolution des loyers, s'il ne s'applique pas aux aides au logement ? Mais surtout qu'est devenu l'engagement politique de fixer un taux d'effort plafonné pour les ménages en matière de dépenses de logement ?

L'interdiction des coupures d'eau, d'électricité et de gaz pendant la période hivernale répond, quant à elle, à une élémentaire mesure d'équité, à l'égard des ménages en difficulté, hélas si nombreux !

Dans un contexte d'explosion du marché immobilier, lourdement spéculatif, comment de telles mesurettes pourraient-elles redonner espoir à une large partie de la population en quête de logement ? On pense, en premier chef, aux 3,5 millions de mal logés, condamnés à un habitat précaire.

Nos gouvernants ne se mettent-ils pas en situation d'être accusés de publicité mensongère ?

De nos jours, décidément, tout se passe comme si les meilleures intentions se diluaient dans l'enfer de la com !

Contact : Serge MOURADIAN 01 40 52 85 91 Paris, le 27 octobre 2005



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