3 mars 2006
Soldes : Evolution sous conditions

L'afoc considère que les soldes, sous une forme ou sous une autre, doivent être maintenues sans préjuger des modalités de ce maintien qui restent à définir. Leur impact est important dans la motivation et la gestion du budget des ménages. Elles permettent, par la possibilité du recours à la vente à perte ponctuelle, la disparition des invendus, et donc la fluidité des approvisionnements.

Cette possibilité doit être strictement maintenue et même élargie au-delà de l'habillement et de la chaussure à tous les autres secteurs qui annoncent et pratiquent des soldes : loisirs, électroménagers, meubles…

Très clairement, il n'est plus possible de laisser à l'administration, qui n'en demande pas tant, la responsabilité non juridiquement encadrée de juger quels produits, hors habillement, peuvent être vendus à perte.

A partir de ces « fondamentaux », l'afoc considère que toute innovation dans le régime des soldes ne saurait être engagée sans prendre en considération au préalable les éléments suivants :

-  La nécessité d'identifier sociologiquement les bénéficiaires des soldes et donc de mesurer l'impact social des soldes qui n'est pas connu, en prenant en compte tous les canaux de distribution y compris Internet (les « happy few » intéressés par les soldes saisonnières des collections de DIOR ne sauraient conduire a priori à leur multiplication).

-  L'impact de la croissance de la vente sur Internet (augmentation en volume de 45 à 55 % à la mi-janvier et au début février 2006). Cette situation nouvelle qui ira en s'amplifiant s'intègre-t-elle dans le dispositif réglementaire conçu et élaboré en dehors d'elle ? Il conviendra d'y veiller.

-  L'appréciation des conséquences économiques d'une augmentation quantitative significative des produits soldés dans le secteur de l'habillement et de la chaussure. A l'évidence, une importation massive de produits comparativement moins chers offerts dans ce secteur serait la conséquence inéluctable de la multiplication des périodes de soldes, avec un risque de délocalisation accentué voire de chômage pour les 120 000 salariés français, observation étant faite que le budget consacré par les ménages à l'habillement reste stable en pourcentage.

-  L'illusion des rabais : Les rabais pratiqués à l'occasion des soldes : 50 %, 60 % puis 70 % ou plus en fin de période, sans pour autant qu'il s'agisse de ventes à perte mais bien encore largement bénéficiaires s'inscrivant dans la prévision normale de résultat, amènent les consommateurs à s'interroger sérieusement sur de telles pratiques qui les conduisent à payer pendant 10 mois très cher des produits dont le prix n'offre plus de référence crédible. Certes, les prix sont libres mais la réglementation des soldes relève de l'autorité des Pouvoirs Publics.

Conclusion : Evolution : certes, l'afoc n'y est pas opposée, mais il reste à apprécier, autrement que par des projets approximatifs, en quoi elle est possible ou souhaitable et pour quels objectifs. En tout état de cause, le dispositif des soldes ne saurait constituer un palliatif à la nécessaire augmentation du pouvoir d'achat des ménages.

Contact presse : Valérie GERVAIS - Tel : 01 40 52 85 87



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