
En 2024, la France a connu une augmentation alarmante des interventions pour impayés de factures d'électricité et de gaz, marquant la quatrième année consécutive de hausse. Plus de 1,2 million d'interventions ont été recensées, soit une augmentation de 24 % par rapport à l'année précédente. Ces chiffres, révélés par le médiateur national de l'énergie la semaine dernière, mettent en lumière une crise énergétique qui touche de plus en plus de ménages.
Les chiffres clés de la crise
Les interventions pour impayés se divisent en deux catégories principales : la limitation de puissance électrique et les coupures totales d'énergie. En 2024, 937 000 limitations de puissance ont été effectuées, représentant une hausse de 25 %, tandis que 309 000 coupures ont été enregistrées, soit une augmentation de 16 %. L'électricité reste la principale source d'intervention, avec 1 140 990 cas recensés.
Les causes profondes
Cette hausse des interventions est le reflet d'une dégradation de la situation financière des ménages. La flambée des prix de l'énergie, combinée à une inflation généralisée, a plongé de nombreuses familles dans une précarité énergétique accrue. Selon un baromètre récent, 85 % des Français se disent préoccupés par le montant de leurs factures, et 30 % des foyers déclarent avoir souffert du froid dans leur logement.
Les impacts sociaux et économiques
La précarité énergétique a des conséquences profondes sur la qualité de vie des ménages. Les restrictions d'accès à l'énergie affectent non seulement le confort, mais aussi la santé et la dignité des individus. Par ailleurs, les logements mal isolés, souvent qualifiés de "passoires thermiques", aggravent la situation. En janvier 2024, on estimait à 5,8 millions le nombre de logements classés F ou G en performance énergétique.
Les solutions envisagées
Face à cette crise, le médiateur national de l'énergie appelle à des mesures urgentes. Parmi elles, le retour à l'automaticité de l'attribution du chèque énergie, interrompue en 2024, et l'interdiction des coupures d'électricité pour impayés. À plus long terme, des efforts accrus en matière de rénovation énergétique sont nécessaires pour réduire le nombre de logements énergivores.
Pour l’Afoc, la hausse des interventions pour impayés est un signal d'alarme qui ne peut être ignoré. Elle appelle à une mobilisation collective pour garantir un accès équitable à l'énergie, tout en s'attaquant aux causes structurelles de la précarité énergétique. La transition énergétique, bien qu'ambitieuse, doit inclure des mesures sociales pour ne laisser personne de côté.