Canicules à répétition, températures insupportables dans les appartements, nuits sans sommeil, factures d’électricité qui explosent : pour des millions de locataires, le logement devient une véritable étuve dès les premières chaleurs. Après les « passoires thermiques » de l’hiver, voici les « bouilloires thermiques » de l’été.
Dans de nombreux immeubles mal isolés, sous les toits ou dans les quartiers très urbanisés, les températures dépassent régulièrement les 30°C à l’intérieur des logements. Les personnes âgées, les enfants, les travailleurs précaires ou les malades sont les premières victimes de cette situation devenue un véritable enjeu de santé publique.
Pour l’AFOC, il n’est plus acceptable que des logements loués toute l’année deviennent inhabitables plusieurs semaines chaque été sans qu’aucune obligation claire ne soit imposée aux propriétaires. Les locataires ne doivent pas payer pour des bâtiments mal conçus ou mal rénovés.
Le problème est connu : absence d’isolation adaptée à la chaleur, fenêtres mal protégées, ventilation insuffisante, béton omniprésent, manque de volets extérieurs ou d’espaces végétalisés. Pourtant, les réponses restent largement insuffisantes.
Aujourd’hui, les politiques publiques se concentrent essentiellement sur le chauffage hivernal et la consommation énergétique. Mais le confort d’été devient tout aussi essentiel. À quoi sert une rénovation énergétique si les habitants suffoquent six mois plus tard ?
L’AFOC demande :
l’intégration du confort d’été dans les critères de décence des logements ;
des obligations renforcées pour les bailleurs lors des rénovations ;
des aides publiques conditionnées à une réelle protection contre les fortes chaleurs ;
le développement de protections solaires efficaces et de la végétalisation des quartiers ;
un accompagnement spécifique pour les locataires les plus fragiles.
Les locataires n’ont pas à choisir entre se chauffer l’hiver ou survivre l’été. Le logement doit rester un lieu de protection, pas devenir un danger sanitaire.
Face au dérèglement climatique, il est urgent d’agir. Car derrière les chiffres et les rapports, ce sont des millions de consommateurs et de familles populaires qui vivent aujourd’hui dans des logements devenus invivables pendant les épisodes de chaleur.