Surendettement : les jeunes paient le prix du crédit à portée de clic

30 juin 2026
endettement

Le dernier rapport de la Banque de France lance un signal d'alarme. Après plusieurs années de recul, le surendettement repart à la hausse, avec une progression particulièrement préoccupante chez les jeunes. Les 18-29 ans représentent désormais 12 % des déposants d'un dossier de surendettement, contre seulement 5 % en 2022. Chez les 18-25 ans, la hausse est spectaculaire.

Derrière cette évolution se cache un phénomène désormais bien identifié : l'explosion des paiements fractionnés et des mini-crédits. Présentés comme de simples facilités de paiement, les « 3 fois sans frais » ou « 4 fois sans frais » donnent l'illusion d'un achat sans conséquence. En réalité, leur multiplication peut rapidement déséquilibrer un budget, surtout lorsque plusieurs échéances s'accumulent.

La Banque de France s'inquiète de ces nouveaux modes de financement, qui touchent particulièrement les publics les plus fragiles. Les dettes de consommation représentent désormais près de 44 % de l'endettement des ménages surendettés. Si le lien direct entre paiement fractionné et surendettement est difficile à mesurer précisément, les signaux convergent et appellent à la vigilance.

Pour l'AFOC, cette situation interroge les pratiques commerciales. Les plateformes de paiement fractionné sont omniprésentes sur les sites de vente en ligne et banalisent le recours au crédit dès le plus jeune âge. L'acte d'achat est facilité, mais les risques sont souvent minimisés. La prévention ne peut pas reposer uniquement sur la responsabilité individuelle des consommateurs.

L'encadrement annoncé par les nouvelles règles européennes constitue une avancée. À partir de novembre 2026, les paiements fractionnés seront davantage soumis aux règles du crédit à la consommation, avec une meilleure évaluation de la solvabilité des emprunteurs. Mais cette réforme ne suffira pas à elle seule.

L'AFOC appelle à renforcer l'information des consommateurs, à mieux contrôler les pratiques commerciales et à développer une véritable éducation budgétaire. Car derrière chaque dossier de surendettement se trouvent des parcours de vie fragilisés, souvent marqués par la précarité, la baisse du pouvoir d'achat et des crédits contractés trop facilement.

Le paiement fractionné ne doit pas devenir le nouveau visage du crédit invisible.