Promulguée début juillet, la loi visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile marque une étape importante dans la lutte contre les excès de la fast fashion. Attendue depuis de nombreux mois, elle entend freiner un modèle économique fondé sur la surproduction, le renouvellement permanent des collections et l'incitation à une consommation toujours plus rapide.
Pour l'AFOC, cette avancée législative constitue un signal positif. Mais elle ne répondra réellement à l'urgence écologique et sociale que si ses dispositions sont appliquées avec ambition et si les pouvoirs publics se donnent les moyens de les faire respecter.
La mode éphémère, portée par des plateformes internationales qui renouvellent chaque jour des milliers de références à très bas prix, encourage une consommation toujours plus rapide. Derrière ces vêtements vendus quelques euros se cachent souvent une production fortement émettrice de gaz à effet de serre, une utilisation massive de ressources naturelles, des conditions de travail contestables et une montagne de déchets textiles.
Le texte prévoit notamment d'encadrer les pratiques commerciales des enseignes les plus polluantes. Il instaure un système de bonus-malus environnemental, limite certaines formes de publicité et impose une meilleure information des consommateurs sur l'impact écologique des produits. Ces mesures vont dans le bon sens, mais leur efficacité dépendra de leur niveau d'exigence et des moyens de contrôle accordés aux pouvoirs publics.
L'AFOC rappelle que la transition écologique ne doit pas se faire au détriment du pouvoir d'achat. Les consommateurs ne sont pas responsables à eux seuls d'un modèle économique fondé sur la surproduction et l'incitation permanente à acheter. Les fabricants, les distributeurs et les plateformes doivent assumer une part beaucoup plus importante de leurs responsabilités.
L'association demande également que les contrôles soient renforcés afin que les entreprises étrangères commercialisant leurs produits en France soient soumises aux mêmes obligations que les acteurs nationaux. Une concurrence loyale est indispensable pour protéger à la fois les consommateurs, les entreprises respectueuses des règles et l'environnement.
Au-delà de cette loi, c'est une véritable politique publique en faveur d'une consommation durable qui doit être mise en œuvre : développement de la réparation, soutien au réemploi, amélioration de la qualité des produits, lutte contre les pratiques commerciales trompeuses et meilleure information des consommateurs.
Pour l'AFOC, consommer mieux ne peut pas reposer uniquement sur les choix individuels. Les pouvoirs publics doivent créer un cadre qui permette à chacun d'accéder à des produits durables, sûrs et abordables.